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Quel est votre style de coping face au report des traitements de fertilité #covid-19?

Tous ceux et celles qui se tournent vers une clinique de fertilité pour combler leur désir d'enfant peuvent le confirmer: une des émotions les plus difficiles à gérer est l'incertitude. Est-ce que cet enfant tant désiré arrivera un jour dans leur vie ? Si seulement quelqu'un pourrait leur dire quand ils tiendront enfin leur bébé dans leur bras... cela apaiserait l'impatience et rendrait le temps d'attente plus gérable.

Quel que soit la raison, si faire un enfant dans l'intimité d'une relation de couple n'est pas possible, cela représente une perte de contrôle pour ces personnes.

...toutes les consultations, analyses et interventions au sein du centre de la fertilité sont reportées en raison de COVID-19...

A cela s'ajoute maintenant la crise du nouveau Coronavirus. Situation inédite, certes nécessaire pour la santé publique, mais le confinement - et le report des traitements de fertilité qui en découle - représente une nouvelle source d’incertitude et de perte de contrôle pour les individus en parcours de procréation médicalement assistée (pma). La distanciation physique (pour ne pas utiliser le terme « distanciation sociale ») rend la pilule encore plus dure à avaler. Le contact avec ses proches est pour beaucoup de personnes une ressource puissante pour contrecarrer leur stress. Certes, un coup de téléphone ou un échange virtuel peuvent apaiser le plus dur, mais soyons honnêtes, ils ne peuvent pas substituer une bonne conversation en face-à-face ou un câlin avec quelqu’un de confiance. La stratégie de coping des individus qui voient leur trajet en clinique de fertilité suspendu est donc davantage mise à l’épreuve ces dernières semaines.

Quel est votre style de coping ?

Lazarus et Folkman (1984) définissent le coping (stratégie d'ajustement) comme "l'ensemble des efforts cognitifs et comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources d'un individu".




En grandes lignes, il y a deux groupes de stratégies de coping (*) : les stratégies de coping axées sur les émotions et les stratégies de coping axées sur le problème (le style de coping instrumental).





Le coping axé sur les émotions permet d’évacuer les émotions, en discutant, en pleurant, en ventilant la colère, … Les individus qui adoptent ce style de coping sont principalement à la recherche de compréhension et de reconnaissance. Le coping axé sur les émotions peut constituer une stratégie efficace lors des situations qui échappent notre contrôle, comme les traitements de fertilité et la présente pandémie de covid-19. Par contre, il faut veiller à éviter le piège en ne pas se mettant dans un état de stress chronique causé par l'excès d'émotions. Les individus avec une stratégie de coping axée sur le problème se posent tout d'abord la question : « Comment puis-je résoudre la situation ou le problème au mieux ? ». Ce style se focalise sur les côtés pratiques du problème et la recherche d’une solution. Il est efficace lorsqu’il y a une cause qu’on peut attaquer pour résoudre la situation. Si par contre, la situation est hors de notre contrôle, les individus qui la combattent avec un style instrumental s’exposent à des grandes frustrations.

Le médecin et coach en stress Luc Swinnen, décrit les 7 stratégies de coping suivantes (*):

1. Le coping axé sur la confrontation : les individus qui ont une stratégie de coping axée sur la confrontation analysent d’abord tous les aspects de la situation en profondeur pour ensuite mettre en place un plan d’attaque pour résoudre les problèmes.

2. Le coping axé sur l’attente et/ou l’éviction : les individus qui ont une stratégie de coping axée sur l’attente et/ou l’éviction laissent la situation telle quelle et/ou essaient de l’éviter, ne pas y penser, …

3. Le coping axé sur le soutien social : les individus qui ont une stratégie de coping axée sur le soutien social cherchent du réconfort et de la compréhension auprès de leur réseau social. Ils aiment partager leurs soucis et n’ont pas de réticence à demander de l’aide.

4. Le coping axé sur l’expression des émotions (dont la colère) : les individus qui ont une stratégie de coping axée sur l’expression des émotions ventilent leurs émotions. Cela peut être d'une façon positive, par exemple en écrivant une chanson. Exprimer ses émotions, par exemple en pleurant, mais aussi en utilisant de l’humour, protègerait contre l’impact négatif des tensions chroniques sur la santé. Toutefois, si cette stratégie est utilisée en excès, elle devient justement source de tensions.

5. Le coping axé sur des pensées réconfortantes : les individus qui ont une stratégie de coping axée sur des pensées réconfortantes se donnent du courage. Ils essaient de ne pas toute suite s’attendre au pire scénario.

6. Le coping axé sur un comportement palliatif : les individus qui ont une stratégie de coping axée sur un comportement palliatif cherchent la distraction ou la détente pour ne pas devoir penser à leurs problèmes. Ce style de coping va souvent de pair avec l’abus d’alcool, de tabac, de drogues ou de psychotropes.

7. Le coping axé sur un comportement dépressif : les individus qui ont une stratégie de coping axée sur un comportement dépressif ont la tendance de se laisser submerger par la situation. Ils voient souvent que les côtés négatifs et ruminent beaucoup.

Chaque personne a une ou deux stratégies de coping prédominantes. Notre coping est très individuel et le résultat de plusieurs facteurs comme notre personnalité, notre vécu, … Si vous avez un partenaire, il y a donc de fortes chances qu’il ou elle s’ajuste différemment aux défis qui concernent votre couple.

Je vous invite à identifier le style de coping que vous adoptez le plus souvent (ainsi que celui de votre partenaire le cas échéant) face aux challenges de votre parcours de pma.

Posez-vous la question si cette stratégie est efficace dans votre situation.

Pourquoi ?

Pourquoi pas ?

Avec quel style de coping pourriez-vous varier pour atteindre le meilleur équilibre mental ?

Surtout, soyez indulgents avec vous-mêmes. Ne vous jugez pas, le but est seulement de prendre conscience.

N’hésitez pas à nous donner votre feedback. Au plaisir de vous lire !


(*) D'après Van Genechten S. & Godderis L., Als je kinderwens onvervuld blijft (2019)

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